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Carnets de Voyage  

 

Carnets de Voyage est l'adaptation du livre qu'Ernesto Guevara écrivit après avoir fait le tour de l'Amérique Latine sur une moto avec son ami Alberto Granado.
C'est ce voyage qui éveillera la conscience sociale et politique du jeune Ernesto, et c'est là que se trouve tout l'intérêt du film de Walter Salles.


Malheureusement, le réalisateur a cru bon d'insister lourdement : les personnages que les deux compagnons rencontrent se figent dans un noir et blanc sinistre, comme s'ils étaient pris en photo. Alors que l'esprit du Che est marqué et que ses souvenirs se forment, nous avons droit à un ralenti qui semble prendre le spectateur pour un imbécile : le regard que porte Gael Garciá Bernal, incarnant le Che, sur les personnages qu'il rencontre était bien suffisant. À quoi bon sinon avoir choisi "l'un des talents les plus extraordinaires de sa génération", comme le dit Walter Salles lui-même, pour incarner ce rôle?

C'est aussi parce que Carnets de Voyage suit constamment les deux personnages principaux que le travail d'acteur de Gael Garciá Bernal et de Rodrigo de la Serna, qui interprète Alberto Granado, aurait dû être mis en valeur.

Il est aussi regrettable que Walter Salles n'ait pas laissé aux autres personnages le temps d'exister, l'espace suffisant pour qu'ils n'étouffent pas, car ce sont eux qui ont créé le Che en lui ouvrant les yeux sur le monde. En nous montrant beaucoup de plans des deux amis sur leur moto et en ne nous épargnant pas les épisodes où elles se dégrade, jusqu'à ne plus pouvoir servir, le réalisateur semble finalement accorder plus de temps à cette moto qu'aux personnes qu'Ernesto rencontre, alors qu'elles ont eu une place déterminante dans sa vie.

D'autre part, et à la fin du film, lorsqu'Ernesto décide de rejoindre à la nage les lépreux qu'ils a rencontrés et aidés, la mise en scène verse tellement dans l'exagération que tout le symbolisme des deux rives réunies s'effondre. L'acte militant, présenté à ce point comme héroïque, en devient surréaliste et ridicule.

Contrairement à ce qui est annoncé au début de Carnets de Voyage, le film donne donc dans le spectaculaire, ce qui réduit considérablement son importance.

*L'utilisation des photos nous a été accordée par Diaphana. Merci de ne pas les copier.*

 

Marie Guyot (31 octobre 2004).

Commentaire :

"Je suis assez d'accord, quoique j'aie malgré tout apprécié le film. D'ailleurs il faut avouer que la photographie est bien bonne (bon, ça ne sauve pas le film, mais quand même...). Il est cependant vrai que les personnages secondaires sont unidimensionnels. Dommage." par Ariane le 23 décembre 2004.

 

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