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Eternal Sunshine of the Spotless Mind n'est pas qu'un film de plus sur l'amour, c'est une véritable interrogation philosophique que nous livre Michel Gondry.
Alors que leur histoire d'amour s'enlise dans la routine, Joel prononce la phrase de trop qui fera fuir Clémentine. Le cœur brisé, celle-ci se tournera vers un organisme qui lui offrira d'effacer Joel de sa mémoire.
À partir de cette trame assez classique, qui met en scène nos réactions face à la souffrance que l'amour entraîne souvent, nous retrouvons la questions que posait déjà Calderon de la Barca dans La Vie est un Songe : l'amour ne serait-il pas le seul sentiment qui subsiste quand tout le reste est transformé ?
Eternal Sunshine va encore plus loin en introduisant un aspect moral dans cette réflexion : si nous étions capables de le faire, devrions-nous vraiment faire effacer nos mémoires dès qu'une chose nous déplaît ?
Nous avons là le fondement même de l'individu qui évolue et se construit progressivement grâce à ses erreurs, avec l'idée que ce sont nos chutes qui nous permettent de nous relever.
C'est à la fin du film que nous avons la plus belle illustration de cette théorie. Car si la structure en montage alterné ne nous est pas réellement cachée et que nous comprenons vite que la rencontre entre Joel et Clémentine dans le train n'est pas leur toute première rencontre, rien ne nous laissait prévoir les actions de Mary, le personnage joué par Kirsten Dunst.
Quand nous apprenons qu'elle s'était faite effacer de sa mémoire le D. Howard Mierzwiak, nous réalisons à quel point son personnage n'a pas évolué. Et c'est parce que Mary prend conscience à ce moment-là qu'oublier n'était pas la bonne solution qu'elle arrive enfin à agir et à aller de l'avant.
Mais si cette histoire d'amour réussit à soulever une question plus profonde c'est aussi grâce au jeu des acteurs principaux.
L'interprétation que fait Jim Carrey de Joel Barish est troublante. Malgré ses rôles précédents, ce n'est que lorsqu'il découvre sa voiture abîmée que nous nous attendons à ce qu'il fasse la grimace. À aucun autre moment du film nous n'avons ses anciens personnages en tête, et c'est ce qui permet à Joel de nous être si sympathique. Nous ne sommes pas en face d'un clown mais d'un être humain qui a des sentiments comme vous et moi.
Kate Winslet est quant à elle surprenante de simplicité dans le rôle de Clémentine Kruczynski. Ce personnage, une jeune femme extrêmement spontanée, lui colle à la peau et semble littéralement avoir été écrit pour elle.
Loin de la majorité des films qui parlent d'amour, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, que nous pourrions traduire mot à mot par "Lumière éternelle de l'âme sans tache", est donc une réussite parce qu'il va beaucoup plus loin que ce à quoi nous nous attendions.
Marie Guyot (3 décembre 2004).
Commentaire :
"Effectivement, un film brillant, où l'on retrouve un Jim
Carrey complètement changé (ce qui a complètement
effacé de ma mémoire tous les mauvais souvenirs que j'avais
de ses rôles précédents-- sans blague!)." par
Ariane le 23 décembre
2004.
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