![]() |
Minimum Maximum | ||
|
Kraftwerk est un des groupes dont le nom résonne comme une légende. Pionnier du mouvement krautrock, ce rock progressif allemand teinté d'électronique, il fut sans doute le plus connu. Can, Neu et d'autres auraient pu prétendre à la même postérité, mais le groupe de Ralf Hütter et Florian Schneider a réussi à remporter le jackpot. Après les expérimentations musicales du début des années 70, où se mêlaient guitares électriques et instruments bricolés à partir de composants électroniques, Kraftwerk va réussir à imposer une musique pop électronique à part, dont les albums contiennent à la fois la force d'un album-concept, le ton d'un manifeste plaidant en faveur d'une manière nouvelle de faire de la musique avec des instruments synthétiques, et la simplicité de mélodies capables de conquérir un large public et de s'immiscer dans les hits parades. Officiellement Kraftwerk n'était pas mort, juste en sommeil, mais jusqu'en 1999 personne ne croyait à un éventuel retour. Karl Bartos, un des membres fondateurs, avait tourné la page et tentait sans grand succès une carrière solo. Ralf et Florian poursuivaient leur vie, partagés entre leurs passions pour le cyclisme et celle du bricolage de robots. Des machines à leur effigie, capables de jouer de la musique, constituent ainsi le pendant matériel de Man Machine, album-concept de 1978. Minimum Maximum est l'album de cette tournée, occasion unique pour les fans qui n'auraient pas réussi à assister à leurs shows de la grande époque des années 80. Mais, les papys allemands de l'électro valent-ils mieux que les vieux du rock? Mieux que les Rolling Stones, increvables qui tournent pour s'acheter une nouvelle prothèse de hanche ou une pile cardiaque? Mieux que ces groupes, qui à l'instar des Pixies actuellement, ou auparavant du Velvet Underground ou des Sex Pistols, se reforment quinze ans après pour payer leurs arriérés fiscaux ? Autant être honnête, malgré l'enchaînement de tous les tubes de Kraftwerk, le double CD Live paraît un peu fade. La formation que proposait Kraftwerk sur scène avec ses synthétiseurs et ses laptops, ne se prête guère à l'improvisation et aux versions alternatives. On n'a donc finalement qu'un bon best-of, rien de plus, avec des morceaux dont les versions sont connues sur le bout des doigts - à l'exception de Radioactivity, dont l'introduction change légèrement et de Planet of visions. Mais, ce serait définitivement mentir que de dire que Minimum Maximum est un album indispensable, juste une bonne compilation à recommander aux débutants en la matière. Les fanatiques préféreront toujours les albums originaux pour retrouver les formidables boucles de Metal on Metal ou l'introduction de Autobahn épurée d'un public dont les cris sont parfois trop présents. Kraftwerk décevra même par cet album sans âme, les heureux possesseurs de l'enregistrement live de trois titres qui fut disponible sous le nom de Concert Classics et reprenait des morceaux des débuts du groupe, teintés de krautrock et plus adaptés à l'improvisation et à la divagation électronique.
Labosonic (26 juin 2005). |
|||
|
Liens
Nous avons pris un soin tout particulier à respecter les standards suivants : |
|||
| Copyright 2004-2005 par Marie Guyot. Tous droits réservés pour tous pays. | |||